Le Pic des 3 couronnes, c’est la randonnée idéale. Accessible à toute personne en bonne forme physique, l’extrême beauté de son paysage ravit tous ceux qui s’y attaquent. C’est évident, son ascension commence par une bonne grimpette d’environ 45 minutes, période d’effort durant laquelle il est conseillé de procéder à de multiples petites haltes pour reprendre son souffle. L’idéal à ce moment-là est de déclarer son admiration totale devant la beauté unique du décor : terrain granitique, végétation endémique et adorables pottoks sur fond de mer d’un bleu saisissant… Bien sûr, cette excuse n’est utilisable que par temps clair et dégagé. Cela dit, l’ascension des couronnes est déconseillée par temps brumeux, pour le danger qu’elle pourrait représenter passée la seconde couronne, et pour s’assurer du panorama splendide offert uniquement par beau temps.
Arrivé au pied de la première peña, le randonneur est bien vite récompensé. C’est là un spectacle d’une grande beauté tout alentour. Devant soi, le début des crêtes à l’aspect chaotique et au cheminement irrégulier. Des deux côtés, le vide et des falaises, plus ou moins abruptes, certaines recouvertes de mousse et d’arbustes, d’autres totalement dépourvues de végétation. Et partout autour, à perte de vue, d’innombrables collines douces et verdoyantes, ponctuées ça et là de petits villages paraissant endormis sous la chaleur de ce soleil estival. Côté océan enfin, l’occasion d’admirer les ports de Saint Sébastien, d'Hendaye, de Saint Jean de Luz ou de Biarritz, loin des foules et dans un tableau enchanteur.
Bien vite, le marcheur est comme attiré vers la première couronne. Voir les trésors naturels qu’elle réserve à ses visiteurs méritants et profiter au maximum de ses richesses devient une priorité, faire le plein d’émotions et se répéter sans cesse la beauté des lieux se dévoile comme un privilège…
C’est ainsi que l’on vit ces trois rochers au nom royal, allant de découverte en découverte, de surprise en surprise. Au détour d’une grosse roche, une caverne se fond avec le paysage ; dans ses bas-fonds, un peu d’eau que les pottoks présents sur le site avaient repéré bien avant nous. Plus loin et comme marié avec le décor, un troupeau de moutons et brebis s’accroche au flanc d’une falaise, satisfait d’avoir pu trouver un peu d’ombre.
Cheminer le long des crêtes demandera un peu d’assurance certes. Quelques passages plus aériens impliqueront de ne pas prendre de risques car le randonneur se verra à certains moment dans l’obligation d’escalader certains rochers escarpés pour poursuivre sa route. Mais parvenu au sommet de l’Erroilbide, dernière couronne culminant à 836 mètres, c’est un véritable moment de plaisir et de satisfaction que l’on ressent. Dans sa tête, on fait le plein d’images : le barrage aux eaux turquoises en contrebas, la Rhune, l’Artzamendi, le Baïgura, l’Ursuya, le Pic d’Orhy, si loin et si proches à la fois…
Après cette ultime halte, on n’a qu’une hâte, celle de rebrousser lentement chemin ; pour repartir certes, mais aussi pour le plaisir secret de contempler à nouveau ce superbe panorama sur ce pays basque dont il reste tant à découvrir…